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BDEVALANG

Journée d'étude - 18 octobre 2018 / Nancy

Évaluation des pratiques langagières :
des contextes familiaux aux contextes cliniques

Responsable scientifique : christine.da-silva-genest@univ-lorraine.fr
Maître de conférence - Université de Lorraine

La recherche EVALANG (évaluation des compétences langagières d’enfants tout-venant et dysphasiques en situations spontanées) a pour objectif principal de créer un outil d’évaluation, fiable et objectif, des compétences langagières d’enfants avec ou sans troubles du développement du langage âgés entre 5 et 7 ans. Cette grille ne peut être élaborée qu’en tenant compte des productions réelles d’enfants engagés dans des interactions verbales adulte-enfant. Le projet BDEVALANG présenté ici est en lien avec l’axe 1 d’EVALANG (cf. schéma ci-dessous), dont l’objectif principal est de constituer une base de données qui servira ensuite les objectifs des axes 2 et 3.
L’évaluation est au coeur des préoccupations des professionnels de santé, tant pour poser un diagnostic que pour mettre en oeuvre un projet thérapeutique. Deux composantes principales sont mobilisées lors de cette évaluation : d’une part, celle liée au fonctionnement langagier typique et d’autre part, celle concernant les outils d’évaluation (de Weck & Marro, 2010).
Les recherches en acquisition du langage s’intéressant à la description et à l’évolution des conduites linguistiques d’enfants âgés entre 5 et 7 ans en situations naturelles (vs. expérimentales) restent relativement rares et peu exploitées. Or, l’évaluation des compétences verbales s’appuie sur la connaissance de ce qui peut être attendu (en termes de ressources et de compétences) dans une situation particulière en fonction de l’âge. Quelles sont les compétences qu’un enfant sans troubles du langage mobilise dans une situation de jeu ou de narration à 5 ans, 6 ans et 7 ans ? Quel est le critère pertinent à considérer d’un point de vue développemental permettant de distinguer un enfant de 5 ans d’un enfant de 7 ans ?
Quant aux outils d’évaluation, ceux utilisés actuellement par les professionnels sont le plus souvent des batteries de tests de langage proposant des situations de productions fortement induites. De nombreux auteurs ont pu montrer que malgré la nécessité d’avoir recours à ces tests, ceux-ci ne sont pas suffisants pour établir un profil langagier complet des sujets. Ceci est d’autant plus vrai lorsque l’on s’intéresse aux compétences pragmatico-discursives ou communicationnelles (de Weck & Rodi, 2005 ; da Silva, 2015).
Par ailleurs, les recherches actuelles montrent que les productions linguistiques de tout locuteur (enfant ou adulte) ne peuvent pas être considérées indépendamment de leur ancrage discursif. En effet, les compétences langagières sont mobilisées différemment par les locuteurs selon les activités en cours et les genres de discours associés (Kern & Chenu, 2010, Salazar Orvig et al., 2018). Il a notamment été montré que cette diversité des activités et des genres de discours pouvait se manifester, chez l’enfant comme chez son interlocuteur, par une variation dans l’usage qui est fait des expressions référentielles (Salazar Orvig et al., 2018), par des types spécifiques d’interventions verbales (da Silva et al., 2012), ou encore par la densité des connecteurs utilisés dans les narrations (de Weck & Rosat, 2003). Les outils à développer doivent donc considérer la diversité des situations langagières et la façon dont les enfants s’adaptent à ces situations.

Programme, inscription et détails des communications sur le site dédié : bdevalang.sciencesconf.org