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« Comprendre. Prévenir. Punir ? »

Table Ronde

Dans le cadre du cycle de conférence C2E (rappel du projet ici), nous vous invitons à la table ronde :

«Comprendre. Prévenir. Punir ? »
 le 23 mars 2017
Amphi de la Présidence Cours Léopold à Nancy, de 14h à 18h.

Entrée libre et gratuite

 

Les intervenants :
Emmanuelle Jouët-Pastré
Professeure de Langue et Littérature grecques
Thème abordé : " Violence et persuasion dans les dialogues platoniciens".
Il s'agit de mettre l'accent sur un élément qui intéresse au plus haut point le philosophe Platon et qui nous paraît essentiel : la résistance de l'homme violent à entendre un discours rationnel et juste, à la difficulté ou à l’impossibilité de s'adresser à sa raison. Comment persuader un homme qui ne partage pas le même désir de justice, qui rejette les "croyances communes de la cité" qui en fondent la stabilité (= les lois de la cité), c’est là une question proprement platonicienne, une question politique.


Laurent Mortet
Docteur en Droit privé et sciences criminelles,
chercheur-associé de l’Institut François Geny
Thème abordé : "Surveiller sans punir : la tentation de la détention préventive".

La peine sert la punition et la rétribution : elle sanctionne le délinquant après qu’il a commis l’infraction. Le système répressif participe à la protection des libertés de l’individu, en ce qu’il contraint le coupable, et non pas l’homme dangereux dont on postule qu’il pourrait commettre une infraction. En temps de crise, il est tentant pour l’État d’appliquer un principe de précaution aux individus et de privilégier l’enfermement des ennemis de l’État avant la commission d’une infraction, et ce, non pas pour punir, mais pour surveiller. Les progrès des droits fondamentaux prohibent l’internement purement administratif, c’est-à-dire celui totalement délié de la commission d’une infraction. La mesure préventive la plus contraignante aux mains de l’État réside dans l’assignation à résidence. En revanche, les limites de la rétention de sûreté ne sont pas encore certaines. Cette rétention d'inspiration moderne s’applique au coupable, postérieurement à l’expiation de sa peine, tant que l’individu reste dangereux. Elle n’est pas totalement déliée de la commission d’une infraction, mais elle reste gouvernée par la notion de dangerosité. Certains ont réclamé la création d’une rétention de sûreté en matière d’infractions terroristes. La compatibilité d’une telle mesure avec la jurisprudence du Conseil constitutionnel et de la Cour européenne des droits de l’Homme se pose.


Christopher Pollmann
 Professeur agrégé en Droit Public
Thème abordé : "' Terrorisme, entre exploration scientifique et désir punitif".
"Ce que l’on appelle le terrorisme pose un défi majeur à la fois aux sociétés et aux sciences humaines, défi de dénomination, d’explication, de punition et de prévention. Notion de combat qui se prête mal à l’analyse désintéressée, le ‘terrorisme’ met à nu les dysfonctionnements croissants de l’organisation actuelle du monde. Comme le disait Jean Baudrillard, il peut en effet être pris comme le condensé d’une dérive suicidaire de la société capitaliste et industrielle."