LAFAM

« L’Ardenne. Des frontières en l’an Mil »

Responsable scientifique : MOULIS Cédric
Mots clés : ardenne, confins, identité, culture, mode de vie
picto small clock Durée prévue : 36 mois
picto play Date de démarrage : 2011-01-01

[Projet terminé]

Projet terminé en 2016
Vous pouvez en consulter le bilan scientifique sur notre Carnet de Recherches en ligne en cliquant sur ce lien.

Disciplines des chercheurs lorrains

Chimie des matériaux, nanomatériaux et procédés
Géographie physique, humaine, économique et régionale
Histoire, civilisations, archéologie et art des mondes anciens et médiévaux

Chercheurs et personnels d'appui lorrains engagés

BUR Michel (PR émérite) - CMJS (ERL 7229), Université de Lorraine
CABART Hubert (Autre) - HISCANT - MA (EA 1132), Université de Lorraine
GIULIATO Gérard (PR) - HISCANT - MA (EA 1132), Université de Lorraine
GOUGUENHEIM Sylvain (MC) - HISCANT - MA (EA 1132), ENS Lyon 2
HARMAND Dominique (PR) - LOTERR (EA 7304), Université de Lorraine
KRAEMER Charles (IR) - HISCANT - MA (EA 1132), Université de Lorraine
MECHLING Jean-Michel (MC) - IJL (UMR 7198), Université de Lorraine
MOULIS Cédric (IE) - HISCANT - MA (EA 1132), Université de Lorraine
RENAULT Jean-Baptiste (IE) - CMJS (ERL 7229), Université de Lorraine
SERDON-PROVOST Valérie (MC) - CRULH (EA 3945), Université de Lorraine


Autres partenaires engagés dans le projet

Université de Strasbourg et CNRS : UMR 7043 Cultures et Sociétés en Europe : Colette Méchin, chargée de recherche
Université de Reims, société française d'onomastique : Michel Tamine, professeur
Université de Reims, EA 3795 GEGENA : Gilles Fronteau
Université d'Artois : Marc Suttor

Université du Luxembourg, Laboratoire d'histoire : Herold Pettiau, auxiliaire scientifique
Université de Sheffield, Département d'histoire médiévale : Charles West

Société archéologique du sillon mosan : Jean-Pierre LEMANT, archéologue
DRAC Champagne, Conservation du patrimoine : Patrice BERTRAND, conservateur
Communauté d'agglomération de Douai, service archéologique : Emmanuelle Bonnaire, carpologue
Commune de Saint Denis, unité d'archéologie : Jean-François Goret, archéologue et spécialiste en tabletterie
Commune de Charleville-Mézières, Musée de l'Ardenne : David Nicolas, attaché de conservation
Conseil Général des Ardennes, Cellule archéologique : Olivier Brun, archéologue

Service public de Wallonie, Direction de l'archéologie : Sylvie De Longueville, céramologue
Service public de Wallonie, direction de l'archéologie : Frédéric Chantinne, archéologue

Charlotte Samain : archéozoologue

Laboratoire Dendronet : Willy Tegel, dendrologue

Présentation

Cette recherche vise à mieux cerner le paysage politique et socio-économique des boucles de la Meuse sur le secteur de Charleville-Mézières.

Si le terme 'Frontière' a été conservé dans le titre du projet, il ne correspond vraisemblablement pas à une réalité millénaire, tant l’idée de limite a évolué au fil des siècles. Elle se confondait alors plutôt avec une fange large, sans tracé précis. Il est donc sans doute vain de vouloir représenter des pointillés sur une carte. Voici mille ans, la notion de confins revêtait à cet endroit des aspects très divers, tous importants et interagissant entre eux.

L’Ardenne est une frontière hydrologique et politique, de par la Meuse, vecteur frontalier primordial à cette période puisqu’elle fait séparation entre royaume de France et Saint-Empire Germanique. À ce titre, le fleuve servit plusieurs fois de point de rencontre entre les souverains des deux entités.

C’est une frontière géomorphologique, car les méandres de la Meuse sont ici générés par la poussée du courant sur le massif schisteux ardennais afin de pénétrer celui-ci. Ce passage entre bassin parisien et massif ardennais implique ainsi une géographie et une géologie différentes, qui influent sur la configuration et l’implantation des sites fortifiés, mais aussi sur la matière première employée à leur construction.

C’est une frontière religieuse sensible, entre les diocèses de Reims et de Liège, l’évêque du premier couronnant les rois de France, le second créant un véritable état dans l’état par la constitution d’une puissante principauté épiscopale au cours du Xe siècle.

La région de Charleville est également un vaste échangeur routier, et ce depuis la période gallo-romaine. C’est en effet un nœud stratégique de franchissement de la Meuse, avant l’entrée dans l’Ardenne, qui a été parcouru par plusieurs voies romaines. Par ailleurs, cette situation de carrefour a entraîné une anthropisation importante et la création de ponts de pierre dès l’Antiquité, état qui perdure durant tout le Moyen Âge.

Cette identité est encore marquée dans le paysage actuel par les vestiges de sites fortifiés aux abords de la Meuse, qui traduisaient également l’intention d’un positionnement stratégique de la noblesse locale, alors que l’état carolingien montrait son incapacité à gérer et sécuriser l’ensemble de son territoire. Une multitude de positions dominantes et symboliques ont été ainsi investies pour marquer une présence, une domination sur les terres environnantes.

Le château des Fées, situé sur la commune de Montcy-Notre-Dame, fournit à cet égard un exemple particulièrement expressif de cette conjoncture. A travers lui, il s'agira de mieux comprendre le contexte politique, religieux, social et économique qui a engendré l’apparition, le développement et la disparition d’un tel site ainsi qu'à à la définition sociale et culturelle de toute une région.

Les enjeux économiques de ce projet s’orientent tout naturellement vers une amélioration quantitative et qualitative de l’offre culturelle de la région de Charleville-Mézières, qui s’oriente de plus en plus vers les secteurs d’activités liées au tourisme et aux loisirs.
Plus largement, la question de l’avenir européen de l’espace mosan actuel est régulièrement évoquée. L’interrégionalité y apparait comme une obligation. Mais elle doit au préalable se parer d’une (re)découverte de son identité, par-delà les frontières étatiques modernes. Gageons que ce projet puisse apporter une pierre à cet édifice.

>>> Aller plus loin : Consulter le blog de l'archéologie en Lorraine ARULA