PLURITEXT

« Textual Plurality »

Responsable scientifique : REY Jean-Sébastien
Mots clés : Philologie, critique textuelle, édition de texte, hébreu, judaïsme
picto small clock Durée prévue : 21 mois
picto play Date de démarrage : 2016-04-01

Disciplines des chercheurs lorrains

Littératures comparées
Théologie

Autres disciplines :

Langues et littératures arabes, chinoises, japonaises, Théologie Protestante

Chercheurs et personnels d'appui lorrains engagés

PLACIAL Claire (MC) - ECRITURES (EA 3943), Université de Lorraine
REY Jean-Sébastien (PR) - ECRITURES (EA 3943), Université de Lorraine


Autres chercheurs engagés dans le projet

EBERHARD Bons (PR) - EA 1343, Université de Strasbourg
JOOSTEN Jan (PR) - Oriental Institute, University of Oxford
TORIJANO MORALES Pablo A. (assistant professor) - Hebrew Institute, Universidad Complutense de Madrid
SCHORCH Stefan (assistant professor) - Old Testament, Martin-Luther-Universität Halle-Wittenburg
MIZRAHI Noam (PR) - Hebrew Culture, Tel-Aviv University
REYMOND Eric (PR) - Divinity School, Yale University

Présentation

Le projet PLURITEXT a pour objet de mener une réflexion méthodologique et herméneutique
sur la question de la pluralité textuelle dans la littérature juive ancienne de langue hébraïque,
grecque et samaritaine.
La découverte des manuscrits de la mer Morte au milieu du XXe s. et de la Génizah du Caire
à la fin du XIXe a fait apparaître sous un jour nouveau la question des formes textuelles
divergentes, non seulement pour les textes qui constitueront la bible hébraïque, mais aussi
pour les autres textes du judaïsme ancien. Ces nouveaux témoins manuscrits ont montré
que des divergences cruciales existent entre les différents témoins textuels de cette
littérature. Si les chercheurs du XIXe s. ont résolu la question de la pluralité textuelle à
travers le concept de Urtext, la question « Quel est le texte de la bible ? » se repose
aujourd’hui de manière cruciale. Les anciennes réponses à ce problème ne peuvent plus
être considérées comme satisfaisantes. Un nouveau paradigme est nécessaire pour prendre
en considération cette irréductible pluralité textuelle. Le présent projet voudrait prendre part à
cette réflexion dans la conceptualisation de ce nouveau paradigme scientifique.
Le concept de pluralité doit être compris au sens large, dans la mesure où la prise en
considération de traditions textuelles divergentes génère bon nombre d’implications
théologiques, législatives, politiques, sociales et culturelles. L’analyse comprendra : (1) les
témoins manuscrits divergents dans une même tradition linguistique ; (2) le phénomène de
traduction et des transferts culturels qu’elle implique ; (3) les mutations sémantiques et
conceptuelles dans le passage d’une langue à une autre, d’une identité socioculturelle à une
autre ; (4) l’analyse des variantes textuelles telles qu’elles peuvent apparaître dans les
traditions patristiques et rabbiniques ; (5) l’analyse des pratiques des scribes au niveau
codicologique : éléments paratextuels, corrections et notes marginales, comme témoins d’un
processus herméneutique au cours de la transmission du texte. L’idée d’une transformation
du texte au fil de sa transmission montre l’impact des scribes, traducteurs, commentateurs
sur la vitalité du texte.
Le projet PLURITEXT a un impact sociétal sur différents points : (1) il est susceptible de
montrer que les textes fondateurs du judaïsme et du christianisme étaient polymorphes dès
leur rédaction et soulève ainsi de nouvelles questions d’ordre théologiques sur le rapport que
les religions entretiennent avec leurs textes fondateurs ; (2) la mise en valeur de cette
pluralité textuelle a nécessairement un impact sur toutes les communautés qui se réfèrent à
ces textes comme textes normatifs, cela touche tant à des concepts législatifs (A. Teeter),
cultuels, culturels et identitaires ; (3) il est susceptible de montrer qu’une religion ne peut
légitimement se référer à une tradition textuelle et herméneutique monolithique. En ce sens,
le projet pose des questions fondamentales à toute forme de fondamentalisme et de
radicalisation textuels ; (4) le projet pose également une question éditoriale : comment éditer,
traduire et publier le texte biblique pour le grand public lorsque ce texte se présente de
manière polymorphe ?