CLUSTER

« Cluster financier et travailleurs frontaliers dans la Grande Région »

Responsable scientifique : FROMENTIN Vincent
Mots clés : Activité financière, régulation bancaire, emploi transfrontalier, cycle économique, économétrie
picto small clock Durée prévue : 12 mois
picto play Date de démarrage : 2017-01-02

Chercheurs et personnels d'appui lorrains engagés

FROMENTIN Vincent (MC) - CEREFIGE (EA 3942), Université de Lorraine


Disciplines des chercheurs lorrains

Economie et gestion

Présentation

Cluster financier et travailleurs frontaliers dans la Grande Région

Avec ses propres institutions et divers mécanismes de coopération interne, la Grande-Région constitue une réelle entité humaine et économique caractérisable par d'intenses interrelations (INSEE, 2008). L'aspect le plus prégnant est le phénomène du travail frontalier ou pendulaire qui permet notamment à la croissance économique luxembourgeoise, fortement dépendante du secteur financier, de profiter de la population active disponible dans les zones limitrophes.
Le « management » du nombre de travailleurs frontaliers renvoie à de nombreuses problématiques de gestion du territoire dans des champs divers : création d'entreprise, économie résidentielle, fiscalité, gestion des compétences, mobilité, commerce, tourisme, transport, culture, politique... La soutenabilité de ce modèle « centre-périphérie », pour le territoire de la Grande Région, repose en grande partie sur le dynamisme du Luxembourg, considéré comme un « cluster financier ». L’activité du secteur financier contribue alors directement et indirectement à la croissance économique du Luxembourg et des territoires environnants.
Par conséquent, il est intéressant d’étudier les interrelations entre les travailleurs frontaliers et l’activité économique du Grand-Duché au cours d’une période marquée par la crise économique de 2008. Il est possible que les fluctuations économiques de l’économie Luxembourgeoise et de son secteur financier puissent perturber les flux pendulaires et le niveau d’emploi de ces travailleurs. En modifiant le proverbe « Quand les États-Unis éternuent, le reste du monde s'enrhume », on pourrait se demander si : « Quand le Luxembourg éternue, les frontaliers et l’emploi de la Grande Région s’enrhument ? ». Ce projet de recherche vise alors à savoir si les fluctuations économiques (principalement du secteur financier) peuvent impacter les travailleurs frontaliers (à travers différentes dimensions : emploi, temps de travail, précarité au travail,…) par l’intermédiaires de différentes canaux de transmissions, tout en prenant en compte certaines caractéristiques (niveau de qualification, secteur d’activité, provenance de travailleurs,…).
Cette question est intéressante à plusieurs titres : premièrement, il n’existe que peu de travaux réellement académiques portant sur les zones transfrontalières et les travailleurs frontaliers (et particulièrement pour la Grande Région) à l’exception de ceux initiés par Belkacem et al. (2006), Bourgain et al. (2009) ou encore Sohn et Walther (2009)1 ; deuxièmement, car les relations entre l’activité économique et les travailleurs frontaliers au sein d’un modèle « centre-périphérie », porté par le secteur financier, méritent une analyse approfondie au vu du nombre de salariés concernés (la Grande Région dénombre le plus grand nombre de travailleurs frontaliers après la Suisse), troisièmement, parce que cette étude peut apporter des éclairages sur la « gestion » des flux de travailleurs au sein du territoire de la Grande Région en période de crise économique mais également en période de cycle haut de manière à rendre plus efficient l’absorption par le marché du travail Luxembourgeois des travailleurs frontaliers.
Ce travail pourrait déboucher sur la proposition d’un certain nombre de recommandations de politiques publiques en termes de politique d’emploi, de politiques de formation mais également de développement économique territorial (comment favoriser les atouts et la complémentarité de notre région au regard des atouts du Luxembourg par exemple)


Il est fortement possible que les fluctuations économiques du Luxembourg puissent influencées les flux pendulaires et l’emploi des frontaliers. Il devrait exister des disparités au niveau de l’impact, en fonction de la provenance des frontaliers ou du niveau de qualification, du secteur d’activité, et des phases du cycle économique et financier, notamment avant et après la crise. La période d’après crise devrait être marquée par une amplitude de réaction plus forte qu’au cours de la période d’avant crise. Les variations du cycle économique du Luxembourg, et plus particulièrement de son secteur financier, entrainent probablement une « sensibilité » accrue de son secteur financier.
Ce phénomène pourrait s’expliquer par de nombreuses mesures de politique économiques instaurées à partir de 2008 au Luxembourg pour atténuer les situations de crise. Ces mesures visent pour l’essentiel à réduire le nombre des intérimaires, à ne pas prolonger les contrats à durée déterminée, à utiliser l’outil que constitue le chômage partiel et à ne pas pourvoir les postes devenus vacants (OIE, 2014). Ce sont notamment les frontaliers qui sont le plus touchés par ces mesures d’ordre structurel (STATEC, 2011).