BORDERRETAIL

« les formes et les enjeux du commerce en situation frontalière »

Responsable scientifique : RENARD - GRANDMONTAGNE Colette
Mots clés : consommation, frontière, attractivité, commerce, discontinuité
picto small clock Durée prévue : 12 MOIS
picto play Date de démarrage : 2017-01-02

Disciplines des chercheurs lorrains

Economie et gestion

Chercheurs et personnels d'appui lorrains engagés

YILDIZ Helène (MC) - CEREFIGE (EA 3942), Université de Lorraine


Présentation

Les recherches scientifiques sur le commerce sont abondantes, celles sur le commerce frontalier bien plus rares (Renard-Grandmontagne 2013, Renard-Grandmontagne et Lebrun 2014). Il s’agit souvent d’études de cas portant sur les manifestations parmi les plus remarquables de ce commerce : développement d’établissements à proximité d’une frontière, pouvant aboutir en une dilatation des zones de chalandise (Smits 2006, Spierings et Van der Velde 2008). En se penchant sur les pratiques transfrontalières de consommation, le projet BorderRetail vise à mieux comprendre les formes et les enjeux du commerce en situation frontalière.
D’un point de vue théorique, une frontière nationale est à la fois une discontinuité et une barrière (Grasland 1997). L’application de cette définition au commerce est illustrative de la complexité du fait frontalier :
- d’un côté, la frontière sépare des espaces présentant chacun une relative homogénéité en termes d’organisation commerciale, du point de vue des réglementations, du réseau d’équipements commerciaux voire de pratiques des consommateurs. C’est donc une ligne majeure de discontinuité.
- d’un autre côté, c’est aussi une barrière, dans la mesure où les flux constatés à travers une frontière sont généralement bien moindres que ce qu’ils seraient s’il n’y avait pas de frontière (Rietveld 2012). Dans le cas spécifique du commerce, cet effet-barrière peut être transformé en effet de concentration pour certains biens bénéficiant d’une taxation fortement différenciée (Hamez 2006)
Le commerce frontalier représente donc une perturbation aux marges des systèmes nationaux, résultant des différentiels réglementaires et administratifs qui se traduisent par le développement d’avantages comparatifs. L’adaptation des acteurs du commerce comme des consommateurs à ce contexte influence l’effet-barrière de la frontière.
Une des difficultés majeures des études scientifiques sur le commerce frontalier tient à l’accès au terrain. Au sein d’un même pays il est déjà difficile d’accéder aux données du commerce en raison non seulement de la situation hautement concurrentielle dans laquelle se trouvent les acteurs, mais aussi du caractère diffus et erratique des pratiques commerciales.
En contexte transfrontalier, ces difficultés sont exacerbées par la confrontation entre des systèmes juridiques, réglementaires et économiques différents. La circulation de l’information auprès des consommateurs s’en trouve également perturbée.
Les équipes participantes réunissent des chercheurs en géographie et en sciences de gestion, qui ont déjà réalisé plusieurs projets de recherche sur le commerce au sein de leurs laboratoires respectifs. Border Retail constitue le premier projet de recherche coordonné et interdisciplinaire entre les deux équipes sur ce thème.
Enfin, le projet Border Retail est en lien avec le projet MSH smartborder (2014-2016), qui portait sur la thématique des frontières sociales, linguistiques et territoriales dans une entreprise frontalière (l’usine automobile smart). Les questions soulevées dans le domaine du travail seront maintenant étendues au domaine du commerce.


Le résultat principal de BorderRetail sera d’esquisser un modèle transfrontalier des pratiques de consommation, au-delà de la diversité des pratiques et stratégies de consommation.
L’analyse des entretiens fera émerger plusieurs profils-types de consommateurs, au sens de l’idéal-type de Max Weber, de la même façon que le projet smartborder avait mis en évidence plusieurs profils de travailleurs.
Cet exercice de modélisation permettra d’expliciter le rôle des facteurs suivants quant aux pratiques de consommation transfrontalière :
- contextes nationaux,
- pays de résidence,
- déterminants socio-culturels (âge, PCS, langue),
- éventuelle pratique quotidienne de la frontière (travail frontalier).
La valorisation scientifique des résultats se fera de trois façons :
- communication dans un colloque international. Le colloque Eugeo qui aura lieu à Bruxelles en septembre 2017 est pressenti, dans la mesure où la Commission Commerce du Comité national français de géographie a proposé deux sessions sur le commerce.
- réalisation d’un article collectif dans une revue reconnue par le HCERES (L’espace géographique ou Cybergeo)
- contribution au glossaire qui sera réalisé dans le cadre du projet Interreg « Centre européen de compétences et de ressources en études sur les frontières (Border Studies) » déposé le 12/01/2017, et soutenu par la MSH. Le glossaire est réalisé dans le cadre de l’action 3 de ce projet, et tous les chercheurs de BorderRetail participent au projet Interreg.
A l’issue du projet, il est prévu de mettre en place un protocole d’enquête de plus grande ampleur, sur la base des grandes tendances qui seront ressorties de BorderRetail. L’enquête sera menée en 2018. Elle pourra être étendue à d’autres espaces frontaliers, notamment franco-allemands, afin de prendre en compte l’aspect linguistique de la frontière.