1. DossierRecherche 
    1. PageANR 
    2. DossierFrontières, marges et transitions (axe 1) 
      1. PageAUTO PORN+ Après un premier mouvement essentialiste (Fouque), les féministes de la 2e vague (matérialistes – Wittig, Kristeva) ont apporté un regard critique sur les rapports de force entre les genres, y compris dans les «arrangements » ou incorporations (plafond de verre). La 3eme vague a été plus inclusive (Guerilla Girls, Riot grrrl), intégrant aux combats les autres champs des minorités : de sexe, de race et de genre notamment. Les critiques queer (Butler, De Lauretis, Bourcier) ciblèrent quant à elles à partir des années 1990 les notions de genres, leurs typologies et le cadre binaire (homme/femme – homo/hétéro) explorant d’autres nuances, constructivistes. C’est ici que les axes se rejoignent : sur une critique du biopouvoir (Foucault / Preciado) et de la construction du genre binaire comme creuset des oppressions. La pensée queer se situe en opposition aux modalités hétéro-straights (cis), s’appuyant sur les subcultures minoritaires sexuelles et sociales en marge de la «normativité » corporelle (Vigarello, Le corps redressé). Pour l’essentiel, les théories queer se sont singularisées des postures féministes (y compris du féminisme radical – Solanas ; libertaire – Ch.Delphy ; ou du transféminisme – K.Espineira) voire des questions de genre. Depuis les années 2010, des initiatives émergent ça et là, marginales, portées par des actions artistiques et profondément politiques : il s’agit, par exemple, du pornoterrorrisme (Post Op, Fuck the Fascism, Quimera Rosa), du pornqueer qui se déploie dans les festivals artistiques (Pornyourself, qui associe film, performance et workshop militants, collectif avec lequel nous avons déjà collaboré en mai 2017 à Paris), des festivals transféministes, féministes radicaux ou libertaires qui passent, eux aussi, par l’articulation oeuvre/discours et qui diffuse via des réseaux. La radicalité des actions, liée à une conception singulière et politique du terme « porn », semble être la voie privilégiée, actuellement, comme conduite d’empowerment. « (…) la pornographie queer proposerait, selon certain-e-s, une utopie politique où les identifications et aspirations culturelles queer et radicales sont célébrées (Lipton, 2012), et une rhétorique révolutionnaire invitant à défier les normes de l’industrie pornographique (Fotopoulou, 2013). À la fois lié au militantisme et aux réflexions théoriques, le terme queer s’inscrit dans une célébration de l’autonomie sexuelle et de la différence sexuelle, dans un rejet de l’hétéronormativité et du conformisme. Plus encore, la pornographie queer, produite par et pour la communauté queer, permet une autoreprésentation des désirs et des sexualités queer (Matebeni, 2014), et des pratiques non hétéronormatives (Schaschek, 2014), contrairement à la pornographie mainstream qui, selon certain-e-s, est au service du statu quo puisqu’elle renforce le système de valeurs sexistes et homophobes (Carter, 1978 ; Bell, 2004). »1 C’est dans son articulation aux récits de soi, à l’auto-narration et à la prise en considération des éléments de performativité (au sens donné par Eve K. Sedgwick en 1990) que la dimension transindividuelle (Simondon) et collective peut alors émerger, dans une perspective politique et d’émancipation efficace pour les catégories oppressées et minorisées. C’est ici que le porn, dans sa sublimation, déploie ses capacités d’affranchissement. En s’intéressant à ces sujets, l’université qui a longtemps été stigmatisée comme institution négationniste, ou au mieux assimilationniste, accusée par les subcultures de capitaliser sur le dos des minorités mutiques, ouvre aujourd’hui une voie(x) à la parole incarnée, depuis l’intérieur, par quelques rares acteurs présents dans le champ scientifique, artistique et queer ou post-queer militant. « Il serait peut-être temps d’en tirer les conclusions qui s’imposent dans la manière de militer, très personnalisée, tout en complicité avec les pouvoirs publics, les institutions et les politiques. (…)La seule manière de lutter, c’est de travailler véritablement et de construire un véritable esprit communautaire qui respecte et reconnaisse ses propres experts et ses activistes, au lieu de se pendre aux basques du premier universitaire ou politique straight venu. »2
    3. DossierHumanités numériques, langage, connaissance, société (axe 3) 
      1. PageTSANGA Le colloque international « des rendez-vous du TSANGA » du 9 - 10 novembre 2017 – Perception et catégorisation-dénomination Couleurs : « Méthodologie d’action, vision, perception, cognition " et « Lumière et/ou teinte, dénominations et réalités complexes dans sa diversité ») - CLSH Nancy ; Comité d’organisation : Sylvie Grand’Eury-Buron, Erick Cakpo, Bruno Trentini Plusieurs travaux montrent que la couleur est une construction subjective dépendant de la constitution physiologique et cognitive de l’humain (Locke, Wolf-Sapir). Ce postulat rend complexes les processus cognitifs de perception et remet en cause la stricte réduction du physiologiquement vu au cognitivementperçu. Par conséquent, une approche culturaliste semble nécessaire pour comprendre comment la perception des couleurs peut se construire au-delà de la physiologie. L’enjeu de ces premiers « Rendez-vous du TSANGA » est de poser les fondations d’une réflexion visant à déconstruire ou au contraire à comprendre l’idée selon laquelle une majorité des cultures africaines n’analyserait pas la couleur par la teinte mais par d’autres modalités. Il semble également essentiel d’envisager la catégorisation-dénomination couleurs à partir des nouvelles classifications génétiques des langues et de confronter les paradoxes soulevés dans les travaux d’études descriptives de terrain collectées depuis les années 80 et les études récentes. La finalité des « rendez-vous » étant essentiellement méthodologique, les résultats les conclusions auxquelles nous parviendrons pourraient être développés dans le champ des activités des « nouveaux » chercheurs africanistes issus de formations fortes différentes et complémentaires.